S'investir dans la scène culturelle lyonnaise : pourquoi j'ai choisi le bénévolat
Peindre un plafond, décharger un camion, accrocher des éléments de décoration : ce sont les missions que j'ai occupées cette année, en bénévole, avant l'ouverture de deux festivals lyonnais, IF Festival et AiRT de Famille.
Pas seulement en tant que visiteuse, mais en amont, dans la préparation. Ces quelques matinées n'ont rien pris à mon travail d'illustratrice et de directrice artistique. Elles l'ont nourri.
Deux festivals, deux façons de participer
À AiRT de Famille, ma mission principale était la mise en peinture de grandes surfaces : murs, sols et plafonds. Porté par le programme d'incubation OMART, le festival investit pour sa cinquième édition les Toits de Perrache, autour du thème « Les Portes ». Voir les œuvres prendre forme avant l'ouverture, échanger avec l'équipe, les artistes et les autres bénévoles a été un moment marquant.
À IF Festival, festival international d'illustration contemporaine organisé à Lyon par Kiblind Magazine aux SUBS et à l'ENSBA, j'ai accroché des éléments de décoration pour mettre en lumière l'exposition « Flamboyant », et déchargé le matériel du camion pour la mise en place. J'y ai surtout rencontré les équipes et d'autres bénévoles.
Des rencontres qui comptent
J'ai croisé des personnes qui travaillent pour ces structures et, à AiRT de Famille, des artistes, émergents ou non, très actifs sur la scène lyonnaise. Nous sommes engagés sur les mêmes sujets : donner de la place à l'illustration, à l'édition, à la création graphique. À chaque fois, un accueil chaleureux et une connexion immédiate, portée par une passion commune.
Discuter avec des personnes qui font vivre cette scène est toujours enrichissant. Ce n'est pas simple d'entrer en contact quand on n'est pas de Lyon, même après sept ans d'installation. Ces événements créent les occasions qui manquent. J'aimerais qu'il y ait davantage de lieux et de rencontres de ce type.
Les coulisses d'un festival : improviser avec l'espace
Dans les deux cas, j'ai été surprise par la part d'improvisation. Tout est très bien organisé en amont biensûre, mais on ne peut pas tout prévoir. Les décisions se prennent en continu, d'autant que ces événements se tiennent dans des lieux atypiques, avec l'espace dont on dispose.
Le bénévolat permet d'y contribuer : proposer une deuxième couche de peinture à tel endroit, une autre manière d'accrocher un élément de décoration. On réfléchit ensemble à des solutions, c'est un vrai travail d'équipe. Pour une directrice artistique, c'est aussi un rappel utile : un projet se confronte toujours à l'espace réel.
Signalétique et direction artistique : tout est support
Ces deux festivals occupent de grands espaces, où la signalétique et la direction artistique jouent un rôle central. Des heures de travail peuvent passer inaperçues si les visiteurs ne repèrent pas un lieu ou une animation.
J'ai remarqué l'usage fréquent de stickers sur-mesure pour guider la visite : au sol, sur les portes, dans les escalators. C'est une manière efficace d'apporter un visuel marquant dans les espaces disponibles. Un mur, une porte, une marche : tout peut devenir un support de communication.
Trois principes en ressortent pour moi. L'échelle : un élément doit se lire de loin avant de se lire de près. La cohérence : un même univers graphique, de l'affiche jusqu'à la signalétique. La répétition mesurée : un motif qui revient assez pour orienter, sans saturer. La direction artistique doit être forte, avec des éléments graphiques récurrents mais pas trop : c'est un juste milieu à trouver.
Ateliers et animations : faire participer le public
Les ateliers et les animations comptent beaucoup à mes yeux dans ce type d'événement. Les visiteurs prennent part au festival et entrent réellement en interaction avec les artistes. Ils attirent tous les publics, petits et grands, et je suis convaincue qu'ils changent l'expérience de la visite. Je suis heureuse de voir cette pratique se développer.
À AiRT de Famille, des ateliers sont proposés très régulièrement avec les artistes. Le programme annonce 64 ateliers d'initiation et 30 ateliers jeunesse. À IF, des ateliers créatifs, libres ou accompagnés, rythment la journée. Je n'ai pas pu assister à la baston dessinée ni au concert illustré, mais j'ai apprécié l'impression d'un magazine en direct en risographie : on pouvait voir les artistes peindre leur créations sur Procreate.
Mon homard, au deuxième étage
J'ai aussi participé au concours « Dessine-moi un homard » lancé par OMART pour son programme d'incubation. Je fais partie des 100 œuvres présélectionnées. Mon homard, peint pour l'occasion, est exposé au deuxième étage du festival AiRT de Famille. Le vote du public est ouvert jusqu'au 1er novembre : lien de vote omart.fr.
Ce que ça change pour ma pratique de directrice artistique à Lyon
Être basée à Lyon est pour moi une manière de travailler : suivre ce qui s'y construit, y contribuer quand c'est possible. Je ne me suis engagée que sur ces deux événements, mais cette expérience m'a donné envie d'aller plus loin.
D'abord, de contribuer à des projets de direction artistique de plus grande ampleur, où l'on pense en volumes et en espace. Ensuite, de faire encore plus de rencontres, chacune ouvrant sur d'autres perspectives. Enfin, de continuer à m'investir dans ce type de projets, à mon échelle.
Je me projette aussi de l'autre côté, comme artiste : développer des produits pensés pour un stand (IF propose d'ailleurs un marché d'objets illustrés), animer un illustration booth pour dessiner les festivaliers sur place, exposer mon travail. Mon homard est un premier pas vers plus de visibilité dans cette direction.
Si l'occasion se représente et que j'ai le temps, je recommencerai. Sans hésiter.
Directrice artistique et illustratrice freelance à Lyon, j'accompagne des marques, des agences et des projets créatifs dans la construction de leur identité visuelle. Découvrir mon approche · Voir mes projets · Me contacter

