Refonte d'identité visuelle après un pivot : le cas Wikit
Une entreprise change de direction. Son offre évolue, son marché aussi. Son identité visuelle, elle, reste celle de l'étape précédente.
C'est la situation de départ de Wikit, plateforme d'IA générative pensée pour les entreprises. Je reviens ici sur la refonte de son identité visuelle : ce qui l'a déclenchée, ce que nous avons construit, et ce que ce projet dit du branding B2B dans la tech.
Quand l'image ne suit plus la stratégie
Wikit propose d'automatiser les tâches répétitives pour que les équipes se concentrent sur ce qui a de la valeur. Une promesse claire, un positionnement moderne.
Mais l'entreprise avait opéré un pivot stratégique. L'image qu'elle renvoyait ne correspondait plus à ce qu'elle était devenue. Le décalage ne venait pas d'un logo vieillissant ou d'une palette démodée. Il venait d'un écart entre ce que l'entreprise disait d'elle-même et ce que l'on voyait d'elle.
Dans ce cas, retoucher ne suffit pas. Il fallait reprendre depuis la base.
Une refonte complète, pas un ravalement
Le cadre posé avec l'équipe tenait en trois exigences : un univers graphique cohérent avec l'ambition de Wikit, innovant et lisible, ancré dans le monde de la tech sans reprendre les codes froids et interchangeables du secteur.
J'ai commencé par le logo : sa construction, sa lisibilité, ses déclinaisons. Puis j'ai développé la charte graphique complète : palette, typographie, éléments graphiques, règles d'usage.
Cette première étape donne un socle. Mais une charte, même solide, reste un cadre. Elle dit comment utiliser les éléments. Elle ne dit pas ce que la marque raconte. Je voulais aller plus loin.
Sortir des codes de la tech
Une identité visuelle de startup tech, ou d'entreprise tech au sens large, tombe vite dans les mêmes réflexes : dégradés bleus, pictogrammes standards, formes abstraites censées évoquer l'intelligence artificielle. Chaque marque du secteur se retrouve avec une image proche de celle de son voisin.
Le branding B2B souffre souvent de ce biais. On cherche à rassurer, donc on reprend les codes que l'on croit attendus. On y perd la singularité, qui est pourtant ce qui permet d'être reconnu.
Pour Wikit, la réponse a pris la forme d'un univers illustré isométrique, créé sur-mesure. La vue isométrique permet de représenter des outils, des flux et des environnements de travail avec précision, tout en gardant une forme graphique lisible. Elle convient à un produit qui s'adresse à des équipes et qui traite de processus.
Il ne s'agit pas d'icônes génériques. Chaque illustration traduit visuellement le métier de Wikit et ses valeurs. L'ensemble forme un vocabulaire visuel qui appartient à l'entreprise.
Construire avec l'équipe
Ces illustrations ont été développées en co-construction avec l'équipe Wikit. Ce choix de méthode compte autant que le résultat graphique.
Une équipe qui a participé à la création de son univers visuel se l'approprie plus facilement. Elle sait l'expliquer, le faire évoluer, le défendre. Et les illustrations racontent mieux un métier quand ceux qui l'exercent ont contribué à les définir.
C'est un point que je retrouve dans mes accompagnements : la clarification stratégique en amont, puis la direction artistique, puis la prise en main. Dans un contexte de pivot, ce travail commun aide aussi l'équipe à poser des mots sur ce que l'entreprise est devenue.
Ce que la refonte a produit
Le résultat est une identité cohérente, moderne et reconnaissable. Les illustrations sont déployées sur le site, les réseaux sociaux et les supports de communication. Wikit dispose d'une présence visuelle à la hauteur de son positionnement.
Pauline, côté Wikit, a souligné dans son avis la capacité à s'approprier les codes du secteur pour incarner l'innovation et la modernité, à travers le logo, la charte, les déclinaisons et les illustrations sur-mesure. C'est la cohérence de l'ensemble qui ressort.
Ce que ce cas montre d'une refonte d'identité visuelle
Trois enseignements me semblent transposables à d'autres situations de repositionnement :
Le déclencheur est stratégique avant d'être esthétique. Un pivot, un changement d'offre ou de cible justifie une refonte. L'envie de changer de style, seule, ne suffit pas.
La charte n'est qu'une partie du travail. Ce qui rend une identité reconnaissable, c'est un langage visuel propre, pas seulement des règles d'usage.
Se différencier demande de refuser les codes acquis. Dans un secteur où tout se ressemble, la singularité devient un atout concret.
Si vous accompagnez des clients dont l'image n'est plus alignée avec la réalité de leur activité, ou si vous portez vous-même ce type de repositionnement, je serais ravie d'en discuter.
Vous pouvez découvrir ma page identité visuelle et branding pour le détail des formules et du déroulé, ou parcourir le portfolio pour voir d'autres projets.

